Conversation secrète avec facteur, le vrai

18 mars, 2015 (08:03) | Articles | By: Vero

Harrison FordODB

– Quelle enfance avez-vous eue ?

Harrison Ford

– J’étais… Je lisais beaucoup à dix ans, treize ans. Et après ça, j’ai lu beaucoup moins ; j’étais un assez bon élève.

OKP

– En secondaire ?

H.F.

– Non, en primaire, là où ça ne comptait pas. Après, je suis devenu lamentable. Mon intérêt s’est évaporé.

OKP

– Que lisiez-vous ?

H.F.

– Quand j’étais jeune, je lisais des biographies, des livres d’histoire.

OKP

– Par exemple ?

H.F.

– Je ne me souviens pas, non. Non… L’histoire américaine m’intéressait…

OKP

– Elle vous intéresse toujours ?

H.F.

– Euh… Oui, mais plus tellement. Je n’ai pas eu le temps… Je ne prends pas le temps.

OKP

– Que faisait votre père ?

H.F.

– Mon père était directeur d’agence, dans la publicité.

OKP

– Il est né à Chicago ?

H.F.

– Non. Il est de New York, et ma mère aussi. Ils se sont rencontrés à New York, et ils sont venus à Chicago où mon père avait trouvé un job de pigiste à la radio. De là, il est passé à la publicité. Nous avons été l’une des premières familles de Chicago à avoir un poste de télévision. Pour être franc, je ne me souviens pas à quoi ce poste ressemblait… J’ai eu une enfance assez normale, grise… Sans drame. Une enfance moyenne absolue. Rien d’excitant…

OKP

– D’où vient votre famille ?

H.F.

– Mon père est un catholique irlandais de la deuxième génération. Ma mère est une juive russe de la deuxième génération. J’ai un frère, plus jeune de trois ans. Du côté paternel, il n’y avait personne. Il était orphelin, et il avait été élevé par des nonnes, dans un orphelinat religieux.

OKP

– A quoi vos parents vous destinaient-ils ?

H.F.

– Ils étaient assez intelligents pour ne rien dire. Ils ne m’ont poussé dans aucune direction, j’étais libre. Tout ce qu’ils voulaient, c’est que j’ai une bonne éducation. Ils ont été évidemment déçus par mes classes, comme je l’ai été moi-même. J’ai été renvoyé du lycée trois jours avant l’examen final.

OKP

– Pourquoi ?

H.F.

– Échec scolaire total. Un laisser-aller complet.

OKP

– Total ?

H.F.

– Ma matière principale était la philosophie…

OKP

– Vous aimiez ça ?

H.F.

– Oui. Au début. Puis je crois que j’ai commencé à m’ennuyer. Je dormais pendant la plupart des cours. Les quatre dernières années ont été très mauvaises, et on m’a mis sur la touche.

OKP

– Vous vous êtes senti coupable ?

H.F.

– Oui. Jusqu’à avant-hier.

OKP

– Qu’est-il arrivé hier ?

H.F.

– Je plaisante. Mais je me suis vraiment senti coupable pendant longtemps. J’étais paralysé. Je pouvais dormir dix-huit, vingt heures par jour ! Pour des raisons que je ne comprends toujours pas. Je sortais parfois de ce coma, et j’allais jusqu’à l’école, je posais ma main sur la poignée de la porte de la salle, puis je faisais demi-tour et je rentrais me coucher. J’étais assez dingue, je crois. C’était ma façon de me tuer.

OKP

– Étiez-vous conscient de cela ?

H.F.

– Non. Je n’avais aucune idée de ce que je faisais, aucune idée de ce que j’allais faire. J’étais perdu.

OKP

– Et autour de vous ? Après tout, c’était le moment des hippies, du flower power…

H.F.

– Non, il y avait peut-être des hippiesen Californie, mais dans le Wisconsin, c’était toujours l’époque Eisenhower. On était très en retard. J’avais joué dans deux pièces, à la fin de mes études, et je devais faire une tournée d’été après mon examen. Mais, étant donné que je n’ai pas passé mon examen… Je voulais partir quand même. Je me suis marié alors — c’était mon premier mariage, et je suis resté marié treize ans…

OKP

– Vous souvenez-vous de votre première pièce ?

H.F.

– Oui.

OKP

-Qu’était-ce?

H.F.

– The Skin of Our Teeth, de Thomton Wilder. J’avais un coussin sur le ventre, du talc dans les cheveux, et c’était formidable ! D’abord, j’ai eu un gros trac, j’étais très timide, et je le suis toujours…

OKP

– Vous n’en avez pas l’air…

H.F.

-C’est pas maladif. Mais oui. J’avais donc les genoux qui tremblaient.

OKP

– Vous aviez des amis, au lycée ?

H.F.

– Peu. Je ne me bagarrais pas, et je n’appartenais pas aux fraternités sérieuses.

OKP

– Comment ça ?

H.F.

– On faisait des surboums. On était des bêtes de surboums.

OKP

– Vous étiez une bête de surboum ?

H.F.

– Ben… Probablement, oui.

OKP

– Comment ça, «probablement» ? Vous ne vous souvenez pas ?

H.F.

– Je n’ai pas de souvenirs très clairs. Je reconstitue tout ça pendant qu’on parle… Je n’en ai pas parlé depuis très longtemps. Je n’y pense jamais. Donc, ça me demande un effort. La raison pour laquelle j’ai choisi philo, c’est que j’avais un copain qui faisait philo. Il y avait différents types de clubs : la fraternité des athlètes, celle des leaders, la mienne était celle des crétins. Genre John Belushi.

OKP

– Que faisiez-vous ?

H.F.

– Rien. C’était là le truc : boire tellement, qu’on en oubliait tout le reste. Je n’en suis pas fier, mais c’était comme ça. Vous m’avez parlé des hippies, et je crois que j’étais aussi «progressiste» que les autres. Mes cheveux étaient longs, j’avais été viré des trucs militaires parce que je refusais de me couper les cheveux, je ne pouvais pas être officier…

OKPHarrison Ford 2

– Vous n’aimiez pas l’autorité ?

H.F.

-Mmmm, oui. Oui. Je ne réagissais pas bien à l’autorité aveugle.

OKP

– Refus total ?

H.F.

– Non. J’étais rebelle. Rien de dramatique. Je ne comprenais pas pourquoi je devais faire ces choses, je n’étais pas heureux.

OKP

– D’où vient votre cicatrice a menton ?

H.F.

– Des années plus tard, alors que je vivais en Californie, où j’avais émigré avec ma femme et ma Volkswagen… C’était en 65… Par là. Nous sommes venus lentement, sans nous presser, de Chicago. Quand nous avons vu l’océan, nous nous sommes arrêtés. C’était un coin près de Los Angeles nommé Laguna Beach. L’un des metteurs en scène de la tournée vivait là. Il m’avait promis de me donner un coup de main. J’ai eu quelques jobs… Mais j’arrive trop loin, revenons à la cicatrice.

OKP

– Des jobs ?

H.F.

– J’ai travaillé dans un grand magasin, «Bullock’s», au rayon peinture à l’huile. Vous vouliez une certaine couleur de peinture, vous m’ameniez un morceau de tissu de votre canapé, je vous trouvais le ton qui correspondait et deux semaines plus tard vous étiez livré. J’y allais, un jour, dans ma vieille Volvo, j’essayais de mettre ma ceinture de sécurité et me voilà dans un virage… Je suis parti sur deux roues, en plein dans un poteau téléphonique.

OKP

– C’était grave ?

H.F.

– Pas mal. La voiture était détruite. Moi, j’avais une coupure au menton. J’aurais dû être tué.

OKP

– Vous avez eu de la chance.

H.F.

– J’ai toujours eu de la chance.

OKP

– Qu’est-ce qui vous a motivé pour quitter Chicago ?

H.F.

– Pour être acteur, je savais qu’il fallait aller à New York ou Los Angeles. Quitte à être pauvre, je préférais être pauvre dans un coin où il y avait du soleil. Donc, en Californie. On a même joué à pile ou face. Pile, New York, face, L.A. C’est pile qui est sorti. Donc, on a recommencé. Et, en arrivant en Californie, on m’a offert un contrat de sept ans.

OKP

– Tout de suite ?

H.F.

– Presque. C’était la première fois que je mettais les pieds dans un studio, j’ai rempli un petit carton, et je me suis éclipsé dans les toilettes. J’allais partir quand la secrétaire m’a appelé, me disant que le type voulait me parler. Si j’avais été dans l’ascenseur, elle ne m’aurait pas couru après… Mais j’étais là, je suis donc revenu. Il m’a dit : «Un contrat, ça vous dit ?». J’ai dit «Qu’est-ce que ça signifie ?» Le type me regarde, et dit : «Cent cinquante dollars par semaine». J’ai immédiatement pensé que c’était au-dessus de mes moyens, avant de réaliser que c’était MOI qui allais toucher les cent cinquante dollars ! Et là, je me suis senti des ailes ! Mon loyer coûtait soixante-quinze dollars par mois, je n’avais pas d’enfant…

OKP

– Vous avez eu une série de petits boulots avant ça…

H.F.

– Voyons… J’ai travaillé pour un marchand de yachts, je nettoyais les bateaux… Je ne me souviens pas du reste…

OKP

– Pizza boy ?

H.F.

– Ah oui. C’est vrai. J’ai fait des pizzas. Chez «Shaky’s Pizza Parlour».

OKP

– Longtemps ?

H.F.

– Jusqu’à ce qu’on me licencie. Je n’en pouvais plus de ce boulot. Au bout de deux semaines, l’odeur même de la pizza me dégoûtait. J’avais envie de vomir. Je sentais la pizza.

OKP

– Saviez-vous faire une pizza ?

H.F.

– Croyez-moi, n’importe quel imbécile peut faire de la pizza. D’ailleurs, il y en a plein. Tout vient en paquets … préfabriqués. Facile. J’attendais mon contrat de chez Columbia. Il leur a fallu presque un an…

OKP

– Vous avez coupé vos cheveux ?

Harrison FordH.F.

– Ils m’ont offert une coupe à la Elvis Presley. Ils pensaient que c’était mon créneau.

OKP

– Sérieusement ?

H.F.

– Ils n’avaient aucune idée sur la manière de m’employer. Leur seule idée était de me façonner d’après quelqu’un. Elvis. Je ne pouvais pas chanter, mais c’est ainsi qu’ils me voyaient. Ça ne me plaisait pas du tout. J’aimais les cours, mais ça n’avait rien à voir avec le travail qu’on nous demandait en réalité. On apprenait à être excellent en classe. Pas sur un plateau. On n’apprenait pas à interpréter un personnage.

OKP

– Quel était votre premier film ?

H.F.

– Dead Heat on a Merry-Go-Round. Je jouais un groom : «M. Jones est demandé, M. Jones, Jones, M. Jones ? Un télégramme. Merci». C’était mon texte.

OKP

– Quel effet ?

H.F.

– Terrible. Terrible. J’étais mal.

OKP

– Qu’est-ce qui vous a fait abandonner ?

H.F.

– L’occasion. J’avais déjà passé un an et demi avec mon contrat de sept ans, et l’un des cadres m’a appelé pour me dire qu’il consentait à me libérer, avec deux semaines de salaire parce que j’avais un bébé en route. Et voilà. Moi, j’ai dit : «Écoutez, je ne suis pas plus content d’être ici que vous ne l’êtes de m’avoir. Merci, mais c’est non, pour les deux semaines». Il m’a viré. Parfait. Deux semaines plus tard, j’étais sous contrat avec Universal. Il faut croire que je n’avais pas encore compris. Là, j’ai débuté à deux cent cinquante dollars par semaine. Pas mal.

OKP

– Y a-t-il eu un rôle gratifiant ?

H.F.

– Pas vraiment. Il a fallu attendre American Graffiti. C’était la première fois…

OKP

– Combien de temps a duré votre congé ?

H.F.

– Je n’ai jamais été complètement en congé. Pas out. J’ai été charpentier pendant huit ans… La dernière fois que j’ai pris mes outils, c’était avant La Guerre des étoiles. Pendant ce temps, j’ai fait Conversation secrète, de Coppola, American Graffiti de Lucas, et The Court martial of Lt Calley pour la télé. C’était le responsable du massacre de My Lai au Viêt-Nam… Je jouais le rôle du témoin à charge. Sous la direction de Stanley Kramer. Je ne travaillais pas souvent pour l’écran, mais ça allait en s’améliorant. Je ne voulais pas être usé par la télé.

OKP

– Mais vous couriez le risque de faire totalement échouer votre carrière…

H.F.

– Pas vraiment. Pas vraiment. Personne n’allait remarquer que j’étais absent, c’est sûr. Mais je voulais de bons rôles. C’était un risque, mais je pouvais pas faire vivre ma famille en ne faisant rien. Ou en étant free-lance, à quatre cent cinquante dollars par semaine, alors que je travaillais une semaine par an ! Je pouvais gagner le double, par semaine, en étant charpentier.

OKP

– Vous connaissiez le métier ?

H.F.

– Oui, un peu. J’ai toujours été habile de mes mains. J’avais acheté une vieille maison, et il fallait s’y mettre. J’ai acheté des outils, et j’ai acquis les connaissances qui me manquaient en allant à la bibliothèque. J’avais même le bleu de travail…

OKP

– Cette période s’achève…

H.F.

– …avec La Guerre des étoiles. Même pendant American Graffiti, j’étais payé au minimum syndical. Lucas m’a regardé, et il m’a donné le rôle. Je ne me souviens pas quand je l’ai rencontré. On était trois ou quatre. Le type qui était dans un coin et qui ne disait rien, c’était lui.

OKP

– Comment avez-vous été choisi pour La Guerre des étoiles?

H.F.

– Pareil. On m’a demandé de faire une lecture, avec d’autres gens, à haute voix. George Lucas ne m’a pas dit que j’avais le rôle tant que cette lecture n’avait pas eu lieu… Il avait en tête deux équipes d’acteurs. Il pensait en termes d’ensemble. Comment les acteurs jouaient entre deux. Il a finalement choisi notre groupe.

OKP

– Le succès de La Guerre des étoiles était-il agréable ? N’était-ce pas agaçant d’être considéré comme Han Solo, le genre aventurier impassible ?

H.F.

– Non, non. J’ai adoré. Le succès m’a permis de choisir d’autres rôles. J’étais enchanté. J’ai fait Heroes, puis Force 10 to Navarone, ce qui était une erreur, mais je ne le savais pas, et j’ai enchaîné avec Hanover Street.

OKP

– Très différent.

H.F.

– Oui. J’étais, enfin, un acteur. Je n’avais plus à courir.

OKP

– Vous étiez un acteur depuis le début, non ?

H.F.

– Oui, mais là, j’étais un acteur employé. Énorme différence.

OKP

– Et riche.

H.F.

– Mieux loti, disons.

OKP

– Vous avez été redécouvert, comme acteur, avec Witness.

H.F.

– Et Mosquito Coast. Les gens me demandent pourquoi j’ai tourné Mosquito Coast, avec ce personnage très ambigu…

OKP

– Pour les spectateurs, vous faites partie de la famille Spielberg-Lucas.

H.F.

– Oui. Avec Les aventuriers de l’Arche perdue… Mais il y a d’autres films que j’ai faits, qui étaient bons, mais qui n’ont pas eu ce succès…

OKP

– Avec Frantic, vous changez totalement de registre: vous jouez un cardiologue, un type un peu coincé.

H.F.

– C’était bien, avec Polanski. Le processus de travail est le même, repérage, répétition… Mais Polanski a une vision très personnelle, il insiste pour être fidèle à ses idées. Il m’a quand même laissé pas mal de liberté. Nos conceptions étaient tellement homogènes, que nous étions à l’aise…

OKP

– Vous avez tendance à sous-jouer.

H.F.

– Je n’y pense pas. Mon but, c’est de raconter une histoire. Le personnage, pour moi, n’est que le moyen de raconter, de le faire passer.

OKP

– Collectionnez-vous des choses ?

H.F.

– Les outils du bois.

OKP

– Où étiez-vous quand Kennedy est mort ?

H.F.

– J’étais sur la route dans le Wisconsin, et j’allais faire des réservations pour mes parents dans un motel, pour qu’ils puissent venir assister à mes examens de fin d’année. J’ai entendu la nouvelle à la radio. C’est vieux, ça… Qui aurait prédit que ma vie allait ressembler à celle que j’ai eue ?

Le tournage

10 mars, 2015 (08:57) | Articles | By: Vero

Une fois la mise en place des premiers décors terminée, l’instant du premier coup de manivelle est arrivé. Tout doit tenir en quatre jours. Tout d’abord, séance de photo avec Isabelle (la Princesse/mannequin) qui doit évoluer dans le studio improvisé, dos et épaules nus. Les plafonds du château sont hauts et l’espace est glacial malgré les radiateurs électriques amenés sur place. Ces plans nécessitent toute la première journée. Le soir, rapatriement de l’équipe au complet vers un hôtel situé à trois kilomètres du château. Marc Boulay s’y est d’ailleurs enfermé depuis la veille pour peaufiner ses masques. Le lendemain, reprise de la séance photo, avec cette fois le chanteur, en photographe de mode. Suivent les premiers playbacks dans cette situation. Arrivée d’Ignace, le cheval, pour des séquences en extérieur. Malgré les stocks de carottes destinées à allécher l’animal, la synchronisation de son passage sous un porche du château avec l’ouverture d’une fenêtre par le chanteur, n’est pas une mince affaire ! Les prises seront nombreuses. A la nuit tombante, Philippe Bigot s’affaire à l’extérieur pour placer les éclairages qui illumineront la façade du château ainsi que les deux tours pour le souper de la Belle et de la Bête. Romuald Leblond et Martine Duchemin règlent tous les détails de la décoration, qui inclue faisan dressé sur table, chandelles, vaisselle, flambeaux, fleurs, rideaux en tulle synthétique, etc. Philippe Lafontaine et Anthony passent à la séance de maquillage. Le petit garçon est plus difficile à préparer car sa peau est très sensible. Tony pique une petite crise parce qu’il refuse d’enfiler le collant vert du gnome. C’est pour lui «un truc de fille» ! Seule sa mère parviendra à le convaincre. Rideaux qui s’ouvrent, Elfe quittant le lit à baldaquins tandis que la Princesse y est assoupie, c’est enfin le premier plan de cette deuxième soirée de tournage. Les seuls artistes qui se fassent remarquer sont les tourterelles qui, en dépit du fil de nylon les rattachant à leur branche, refusent de s’envoler au bon moment. Mais le morceau de bravoure nous attend dehors. Il fait un froid sibérien pour un souper aux chandelles. Pris dans le feu de l’action, nous n’avons plus la notion du temps qui passe. Enveloppé dans une couverture quand la caméra ne tourne pas, le petit Tony va supporter stoïquement costume, masque et maquillage jusqu’à quatre heures du matin ! Jusqu’à ce que soit filmé le tableau réunissant Belle, Bête, Elfe et Licorne. Malgré quelques difficultés de mise en place, Ignace supporte sans trop broncher sa corne en polyester. Quand l’équipe exténuée est congédiée, il est six heures du matin. Le vin du souper aux chandelles a gelé dans les verres ! Philippe Lafontaine est resté maquillé en monstre douze heures, sans boire ni manger ! Pour fumer, il avait trouvé l’astuce de glisser une paille sous le masque, raccordant la cigarette au bout. Matinée de repos pour les figurants, tandis qu’après trois heures de sommeil, l’équipe technique est à pied d’œuvre pour la pose des décors. Nouvelles séquences avec Tony qui prend goût à son nouveau statut de star. Ce sont les plans de début et de fin du clip, quand le petit garçon découvre la poupée au sein du coffre à jouets. Puis, devenu photographe, lorsqu’il déclenche flash et appareil photo pour empêcher la Bête d’embrasser la Belle. Seconde séance de maquillage pour Philippe Lafontaine. La Bête porte la Belle dans le château, précédée par l’Elfe tenant un flambeau. Le monstre dépose la Princesse sur le lit.tournage video Enfin le dernier jour de tournage : nous avons un peu de retard sur le planning. Nous décidons d’utiliser les divers angles d’un même espace pour les quatre derniers décors. Ainsi, matériel et éclairage pourront être plus rapidement mis en place. Il s’agit à présent des raccords de playbacks qui s’insèrent dans le rythme du scénario. Ces playbacks sont rendus délicats par la pauvre performance d’un Nagra diabolique qui refuse de lire la bande son à vitesse régulière. A huit heures du soir, je vérifie une dernière fois la conformité du tournage avec le story-board. Tous les plans du scénario sont dans la boîte. Que la fête commence !

Les effets spéciaux

22 février, 2015 (08:56) | Articles | By: Vero

effets spéciauxTemps fort de notre clip : l’histoire de la Belle et de la Bête au château. Le chanteur devenant la Bête et le petit garçon, un Elfe, il nous fallait recourir aux masques et au maquillage. Marc Boulay, spécialiste des effets spéciaux, s’est tout de suite mobilisé sur le projet. Les premières esquisses nous ayant séduites, approche l’heure du moulage des visages des deux artistes. C’est là un travail qui génère une légère angoisse, vite surmontée par le chanteur. Supporter qu’on vous étale de l’alginate sur la peau, n’épargnant que vos trous de nez, est assez déplaisant. Le tout est recouvert d’emplâtres et il faut patienter trois quarts d’heure sous cet enrobage, il faut de plus préciser qu’il est froid ! L’opération s’avérera plus délicate avec le petit Tony, tout juste âgé de six ans. Il a du mal à supporter la séance et commence à pleurer sous la drôle de gangue. Moule réussi malgré la légère moue imprimée dans l’alginate ! Au terme de dix jours de travail, Marc termine les masques faits de latex et de mousse de polyuréthane. Sur la tête de la Bête, les poils de Yack sont implantés un par un. La pose du masque sur le visage de Philippe Lafontaine, avec les raccords devant être apportés au latex, notamment la préparation de la peau au niveau des yeux, les maquillages très spéciaux, enfin l’ajustement de la perruque, prennent trois heures. Sophie, la maquilleuse, est, pour Marc Boulay une auxiliaire précieuse sur ce travail très spécialisé. Quant à Valérie Duchemin, elle s’occupe des coiffures de tous nos héros. Seul sponsor à avoir répondu à notre appel : la société Adam, magasin parisien spécialisé dans ce type d’effets spéciaux.

Les décors

12 février, 2015 (08:54) | Articles | By: Vero

Choix est fait d’un château en Normandie, pour la totalité des prises de vue. Romuald Leblond, de Neptune, y assure la décoration. Elle se composera d’un studio de photographe, d’une chambre d’enfant, d’une autre, pour la Princesse, et d’un aménagement extérieur pour le souper aux chandelles de la Belle et de la Bête. Bois, tissus, peinture, outils et accessoires variés sont rassemblés pour la création des différents espaces.

L’équipe

Le clip, c’est aussi une aventure humaine de premier ordre. Une aventure dure lorsqu’il s’agit de concentrer la préparation et le tournage sur une poignée de jours. J’avoue avoir été surpris par l’enthousiasme de l’équipe, enthousiasme qui ne s’est pas tari alors qu’en l’espace de quinze jours, les mêmes personnes ont travaillé sur deux clips, dormant de trois à cinq heures certaines nuits. Dans toute production, le réalisateur doit gérer au mieux tous les membres de son équipe et planifier le travail, pour éviter les pertes de temps inutiles. Sur le terrain, rien n’est simple. Entre les contrariétés climatiques pour les extérieurs et les retards dans la préparation des décors, il y a toujours de l’imprévu. Ainsi, le poste de radio peint sur contre-plaqué, apparaissant dans «It’s on the Radio», a été dessiné et peint par le «Gorfou Sauvage» en l’espace de trois heures, découpe du bois incluse ! Parmi les relais les plus efficaces pour la réalisation : Romuald Leblond, assistant de production et décorateur, au four et au moulin pour la mise en place des divers éléments de l’histoire. L’homme de la situation pour la prise de vue et l’éclairage, c’est Philippe Bigot. Le tournage lui a apporté deux sobriquets, de la part du chanteur et de sa femme : le Beau Ténébreux et le Taiseux. Autant de mots, pour désigner quelqu’un qui les utilise à dose homéopathique ou presque. Les assistants, comme Martine Duchemin, Éric Gramatyka et Stéphane, ont assuré des tâches variées avec une disponibilité permanente. C’est là, un hommage à leur rendre puisque le clip ne fait l’objet d’aucun générique diffusé, alors qu’il s’agit d’un véritable court-métrage. La gentillesse et l’humour de Philippe Lafontaine ont fait le reste, contribuant à cimenter la troupe autour de lui.

Les difficultés du tournage

19 janvier, 2015 (08:50) | Articles | By: Vero

Un clip, c’est rarement la mise en images pure et simple des mots et des phrases qui composent une chanson. Les images doivent s’harmoniser autour de la musique et des paroles pour en restituer, plus une atmosphère ambiante qu’une réelle transcription. Pari difficile quand, avec un projet sur le papier, il faut tenter de séduire l’artiste-interprète (Philippe Lafontaine) et sa société de disque (Vogue). L’angoisse du réalisateur s’estompe à peine, quand le vidéo-clip entame sa carrière sur le petit écran. La diffusion n’est jamais que l’ultime obstacle à franchir. En quelques images, voilà l’histoire d’un clip aux différentes étapes de sa production. Le montage fera l’objet d’un prochain article.

Le story-board

Avec le «Gorfou Sauvage», dessinateur de l’équipe Neptune-Vidéo-Film, nous avons «planché» près de quarante-huit heures, pour fournir un story-board dans les plus brefs délais. Le story-board, c’est le découpage de l’histoire et des plans variés que proposera la caméra, le tout illustré de dessins. Accompagnant le projet, un budget doit tenir compte des frais variés, de la maquilleuse au montage en passant par l’hébergement et la nourriture. Séduira, séduira pas ? Branle-bas de combat quand le feu vert est donné. Le délai accordé serait raisonnable s’il n’y avait, dans le même laps de temps, un second clip à réaliser. Celui de Partners in Crime, intitulé «it’s on the Radio».

Le scénario

Un petit garçon découvre dans un coffre à jouets une poupée qu’il déshabille. Une poupée qui porte la même robe que le mannequin photographié par le chanteur, en studio. Le photographe/chanteur rêve à cette jeune femme inaccessible. Lors du développement des photos, le mannequin apparaît… en Princesse ! Le chanteur se transforme à son tour, en Bête, et tente de la séduire. Autour d’eux, dans un château, un Elfe et une Licorne assistent au repas intime. La Bête emporte la Belle évanouie jusqu’à son lit et, au moment où il s’apprête à l’embrasser, un éclair de flash vient les illuminer. C’est l’Elfe qui, redevenu petit garçon, a pris la place du photographe pour figer l’histoire.

Le téléviseur de demain est français!

2 janvier, 2015 (08:48) | Articles | By: Vero

Un fabricant français indépendant LI des grands groupes de l’électronique grand-public qui n’hésite pas à proposer des produits nouveaux, allant même jusqu’à prendre de vitesse les Japonais, c’est là une démarche assez rare qui mérite d’être saluée. On s’étonne un peu moins en apprenant que Pizon Bros est à l’origine de cette initiative. La marque Pizon Bros n’est peut-être pas connue du grand-public. Elle a, pourtant, quarante années d’existence et quelques belles réalisations derrière elle. En 1946, les frères Marcel et Jean Pizon développent un poste de radio portable. A l’époque, il s’agit déjà d’une première mondiale. En 1947, sortie du poste radio «Skymaster», récepteur portable ondes courtes. 1956 voit la commercialisation du premier poste radio portable, utilisant les premiers circuits imprimés, suivi d’une version autoradio en 1959 et d’une version de «poche» en 1960. Premier récepteur FM en 1961, premier récepteur TV noir et blanc portable (28 cm) en 1966. Première télévision couleur, en 1968…téléviseur Aujourd’hui, Pizon Bros revient avec trois téléviseurs haut de gamme (70 cm), équipés d’un châssis Thomson corrigé. Le PB est un modèle traditionnel, multistandard (Pal/Secam), stéréo avec deux enceintes de trois haut-parleurs chacune (puissance 2X 15 W). Il vaut environ 8 200 F. Plus original, le Sat 2000 (18 000 F) intègre le récepteur de satellite (fabriqué par Prosat) et la commande de positionnement antenne. Quinze positions de satellites sont ainsi programmables. Le réglage de la polarisation se fait automatiquement, permettant la réception de tous les satellites accessibles en Europe (ECS, Intelsat, Telecom, IDF, Ghorizon…). Pas moins de 225 canaux sont programmables et le TV Sat est compatible avec tous les types de codage (de Canal + au D2 Mac…). En plus de la stéréo et du récepteur satellite, le Skymaster 40 A (29 900 F TTC sans l’antenne satellite et 44 000 F, entièrement installé) apporte une innovation de taille puisqu’il adjoint, au téléviseur, un micro-ordinateur compatible PC avec toutes les possibilités ludiques ou éducatives et, en prime, le confort visuel du grand écran. Mais ce n’est pas tout, car, grâce à une fonction modem performante, le Skymaster permet le raccordement au réseau téléphonique commuté, offrant les possibilités d’un minitel couleur. Avec quelques «plus» comme la mémorisation des procédures de connexion (automatisation des appels) ou des pages Vidéotex (possibilité d’édition sur imprimante)… Pour Marcel Pizon, il est clair que le téléviseur traditionnel amorce son déclin et que l’avenir appartient désormais au «téléviseur-PC». Disponible fin juin, le Skymaster 40 A inaugure vraiment une nouvelle ère télévisuelle. Mais les projets de Pizon Bros ne s’arrêtent pas là, car cette société très active entend sortir pour juillet 88 (dans le circuit de la grande distribution), deux téléviseurs portables : un 36 cm à moins de… 2 000 F et un 39 cm, plat/coins carrés, à moins de 2 500 F. Voilà qui risque de créer un peu d’animation sur le marché français. Soyons sûr que l’on ne tardera pas à reparler de Pizon Bros…

Les bonnes copies

25 décembre, 2014 (08:38) | Articles | By: Vero

Des collectionneurs se lancent souvent dans de folles recherches pour trouver de bonnes copies. Tel Donovan Scott, un acteur apparu dans Sheena, reine de la jungle. Il achète ses disques à «Budget Vidéo», Hollywood, et il a dû visionner sept copies de Sheena avant d’en trouver une, digne d’être conservée. Bob Stephens, de San Francisco, raconte qu’il a visionné de deux à cinq fois les films Vivre et mourir à L.A., Yojimbo et Saboteur. Kirk Leonhardt a ouvert le magasin «Laser’s Edge» (Le fil du laser), au printemps dernier, à Canoga Park, en Californie. Comme beaucoup d’autres revendeurs, Leonhardt était un fan du système laser avant d’en faire le commerce. Il avait entendu parler de «la carie» et, lorsqu’il a passé en revue sa collection personnelle de plus de mille disques, il a découvert plus de cinquante titres défectueux. Pioneer les a tous remplacés et Leonhardt est persuadé que le problème est maintenant résolu. «Les clients potentiels doivent en être conscients, dit-il. Mais ce n’est pas une raison pour éviter le format laser. C’est le futur de la vidéo domestique, et il va remplacer les cassettes. Il reste simplement quelques petits problèmes.» Opinion largement partagée par Ken Kai qui n’a pas hésité, l’autre jour, à affirmer que «à dater d’aujourd’hui, Pioneer peut garantir son software pendant vingt ans». Le combat contre «la carie du laser» semble donc couronné de succès. Juste à temps pour le lancement du compact-disque vidéo. Ouf !

Les raisons d’un semi-échec

En 1978, avant que le magnétoscope ne devienne le matériel démocratique qui est aujourd’hui, Kenneth Ingram, dirigeant de Magnavox, apparut dans plusieurs émissions de TV nationales, pour démontrer les aptitudes sophistiquées du lecteur vidéodisque Magnavision. Lorsqu’il fut mis en vente, juste avant Noël, aux grands magasins Rich d’Atlanta, les clients impatients firent la queue pendant des heures pour rafler le stock limité du magasin sitôt l’ouverture des portes. Des problèmes ont immédiatement surgi. Les premiers lots d’appareils en kit, assemblés par Magnavox et expédiés depuis l’usine Philips en Hollande, ne fonctionnaient pas tous correctement. De nombreux disques originaux étaient défectueux et ne passaient pas. Parmi les problèmes rencontrés par les utilisateurs, il y avait le «verrouillage du laser», le disque se bloquant pendant un arrêt-image ; le «cross-talk», l’image étant gâtée par des motifs en mouvement entre les lignes peu espacées ; et le «sautillement», le disque sautant des passages de façon complètement inattendue, comme lorsque cela ne tourne plus rond. Les disques neigeux et bruyants constituaient un autre problème. Les images étaient gâchées par des milliers de petits points blancs ressemblant à des confettis (appelés «inclusions»), donnant l’impression que le film avait été tourné sous une tempête de neige. L’inclusion est causée par des particules de poussière microscopiques qui ont été prises au piège entre la surface du disque et le «pardessus» du plastique que l’on applique pour le protéger des mauvais traitements. A la différence de «la carie du laser», qui se développe au fil du temps, l’inclusion se voit immédiatement. Lorsque les disques et les lecteurs sont apparus pour la première fois sur le marché, c’était sous l’égide de Disco Vision, un consortium de commanditaires qui comprenait MCA/Universal, Magnavox et Philips. IBM s’y intégra bientôt, et DiscoVision devint Disco-Vision Associates. Mais seul, «Big Blue ne pouvait surmonter les problèmes qui résultaient des appareils déficients et des pressages incompatibles. En avril 1982, l’usine de pressage de DVA a été rachetée par Pioneer Vidéo of Japan, qui a vendu par la suite des appareils plus fiables pendant plus d’un an, le VP-1000. Pioneer pressait aussi des disques au Japon (sous licence DVA, qui conserve les brevets d’invention du système et continue de percevoir des royalties). Lentement, Pioneer a commencé à alimenter un nouveau client, qui désirait une image parfaite, ou presque parfaite. Le processus de reconstruction fut lent. Pendant ce temps, le format laser rival, le CED de RCA, fut abandonné après avoir coûté à RCA des sommes astronomiques. Pioneer a prudemment essayé de vendre la technologie laser comme version vidéo du « livre broché’, en opposition aux K7 vidéo «livre de poche». Mais, même lorsque le format a pris de l’importance, quoique lentement (Pioneer n’a vendu que 300 000 lecteurs, y compris ceux fabriqués pour être vendus sous d’autres marques), il subsistait encore quelques problèmes de contrôle de la qualité. Des collectionneurs exigeants mentionnent encore des «inclusions» et des mouchetages, d’autres problèmes comme le «cross-talk» ayant été virtuellement éliminés. L’avenir promet de plus amples raffinements. Le nouveau lecteur de Pioneer (voir OKPn° 79) peut passer à la fois des disques audio et vidéo, tout en utilisant des circuits digitaux pour ajouter à la qualité, tel que l’arrêt-image et la recherche de netteté de l’image sur les disques vidéo, ce qui leur manquait précédemment. Autant d’améliorations qui laissent à penser que le compact-disque vidéo va enfin décoller.

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Le paradisque perdu

14 décembre, 2014 (08:37) | Articles | By: Vero

On affirme ainsi qu’une cinquantaine de titres sont contaminés. Soit plusieurs milliers de vidéodisques. Pioneer, de loin le fabricant le plus important, refuse de donner des chiffres précis. Mais on sait qu’entre octobre 1985 et mai 1986, la société a accepté d’en remplacer vingt mille ! «Le jour où notre attention a été attirée sur ce problème, raconte M. Ken Kai, vice-président de Pioneer, nos employés ont vérifié chaque disque dans tous nos entrepôts. Et à chaque fois que nous avons découvert des défauts, nous y avons remédié». En dépit des promesses officielles, de nombreux laserophiles sont inquiets et craignent que leur collection de disques ne résiste pas à l’épreuve du temps. Surtout que, lorsque vous achetez un disque, rien n’indique s’il conservera ou non la même qualité de son et d’image au fil des ans. Les disques «cariés» ne se distinguent en rien des autres et ce n’est qu’au bout de plusieurs passages, que la neige colorée commence à faire son apparition.

Causes et remèdes

Les origines de «la carie du laser» sont difficiles à déterminer. Pioneer a avancé plusieurs explications. Mauvaise qualité de la colle : Les disques lasers sont, en effet, fabriqués en deux parties qui sont ensuite collées ensemble. A l’intérieur de chaque disque, c’est la couche d’aluminium qui joue le rôle de réflecteur et permet au rayon laser de « lire » les sillons microscopiques imprimés à la surface. Selon M. Ken Kai, un lot de colle de mauvaise qualité aurait été utilisé par inadvertance. Au lieu de rester chimiquement inerte et d’agir comme un agent de liaison neutre, elle aurait ainsi, commencé une réaction en chaîne et conduit à une détérioration, en profondeur, du disque. «Maintenant, affirme M. Kai, nous vérifions les colles et les autres matériaux, comme les plastiques, et nous fabriquons les faces A et B sur la même machine. Le problème semble donc résolu.» Mauvaise qualité de l’eau : Autre explication : la colle aurait été mélangée à de l’eau contaminée, que l’on utilise pour nettoyer les estampeuses de métal à l’issue du processus de gravure. «Aujourd’hui, reprend M. Kai, l’eau est purifiée à 1 10%, dé-ionisée, et contrôlée quotidiennement.» Dans les deux cas, l’aluminium se transformait en oxyde d’aluminium. La quantité de métal pur, restant pour réfléchir le rayon laser, diminuait en proportion. D’où une perte progressive du signal bruit audio-vidéo. L’explication de M. Kai rejoint celle donnée par un autre fabricant qui, lui, parle d’un problème d’oxydation. Quand le fer est exposé à l’air, il s’humidifie puis rouille et s’oxyde. La rouille, ce n’est rien d’autre qu’une simple couche rouge et superficielle appelée oxyde de fer. De la même manière, si vous mordez dans une pomme et que vous la mettez de côté pendant quelques minutes, il va rapidement se former, sur la chair blanche, une couche peu appétissante de rouie s organique. En quelques heures, la pomme va ainsi se pourrir. C’est exactement ce qui se passe à l’intérieur d’un vidéodisque contaminé. Les matériaux : Il ne semble pas que les matières premières puissent être mises en cause, les problèmes apparaissant aussi bien sur les disques fabriqués aux États-Unis que sur ceux pressés au Japon. Pour autant, M. Kai et Pioneer se sont engagés à améliorer les techniques de fabrication, d’autant que les laserophiles sont des collectionneurs exigeants.

L’avenir

21 novembre, 2014 (08:35) | Articles | By: Vero

Il est, de toute manière, parfaitement évident que le Super-VHS est le système vidéo grand public le plus sophistiqué. Ce qui devrait suffire à encourager de nombreux vidéophiles à l’acheter, quel qu’en soit le prix. Mais il y a gros à parier que les innovations ne s’arrêteront pas là. L’Hi-fi a fait son apparition en 1987. La seule certitude (et encore) concerne la disparition à moyen ou long 1985, les effets numériques et le réducteur de bruits en 1986, les recherches indexées et l’adressage en terme du VHS standard. L’objectif principal de la vidéo étant d’aller vers une image entièrement numérique d’ici à cinq ans. Le prix en sera, toutefois, exorbitant. Toute la question est de savoir si vous faites partie de ceux qui attendent et ne font jamais d’images ou si vous êtes de la race des fonceurs. Et c’est une question à laquelle vous seul pouvez répondre.

La carie du laser

MagnavoxDécembre 1978. Magnavox annonce la sortie du vidéodisque laser qui permet de visionner des films avec une qualité d’images incroyable, un formidable son stéréo, des arrêts sur image et des ralentis impeccables. Il possède des options qu’aucun magnétoscope ne peut concurrencer. Seul défaut : il n’enregistre pas. Il a, cependant, de quoi satisfaire les vidéophiles les plus exigeants. C’est, à l’époque, ce qui se rapproche le plus de la perfection. De plus, le vidéodisque est virtuellement indestructible, même en cas d’utilisation intensive. On croit alors qu’il peut durer toute une vie et un fabricant n’hésite pas à proclamer que la longévité de ce nouveau support est illimitée. Aujourd’hui, personne, aux États-Unis, n’ose plus lancer une telle affirmation. En effet, au cours de ces dernières années, une étrange maladie a frappé certains vidéodisques : «la carie du laser». L’image, réputée parfaite, s’est mouchetée de neige et n’est plus regardable. Consommateurs, associations, journaux s’en sont fait l’écho. La maladie est pernicieuse, car rarement décelable à la première vision du disque. Elle échappe même aux analyses de puissants microscopes. Dans notre propre discothèque laser, pas moins de trente titres sur deux cents présentent des signes de détérioration. Parmi eux, Les aventuriers de l’Arche perdue, Octopussy. Ce dernier est proprement invisible. Et ce n’est pas une exception. La revue Disc Deals mentionne que leur propre copie d’Octopussy a perdu pratiquement toutes ses couleurs, et que «les deux pistes audio crachotent de manière inaudible, comme si on avait réglé une radio entre deux stations.»

A quel prix ?

11 novembre, 2014 (08:34) | Articles | By: Vero

L’addition de toutes ces petites merveilles risque de coûter cher à votre compte bancaire. Il faut compter, au minimum, 1 200 $ pour un scope Super-VHS, 500 $ pour un moniteur haute définition avec une entrée S-Vidéo, 1 500 $ pour un caméscope et 200 $ pour une dizaine de K7 vierges. Ce qui fait un total de 3 400 $ (23 000 francs environ), chiffre qui peut facilement doubler si vous souhaitez plus d’options. C’est donc un grand pas à faire, et la première question que vous vous posez, c’est : «L’image est-elle si bonne ?».En guise de réponse, nous vous livrons notre expérience. Nous utilisons, depuis quelques semaines, le JVC HR-S 7000 U, le premier scope Super-VHS et la qualité de son image est impressionnante. L’image est très nette, les motifs compliqués sont reproduits avec une précision étonnante, les dessins géométriques ne sont quasiment pas déformés, et les couleurs ne bavent pas. Des cheveux blonds, qui ressemblent à une tache jaune sur un VHS standard, sont vus mèche par mèche sur le Super-VHS. C’est dire. La deuxième question, et la plus importante, c’est : «Dois-je acheter, dès sa sortie, un Super-VHS ?» Là encore, notre expérience américaine laisse à penser qu’il vaut mieux attendre. Ainsi, JVC a annoncé, en 1986, l’arrivée du Super-VHS, à un prix planché de 1 600 $. Le JVC HR-S 7000 U, mis sur le marché en janvier 1987, coûte, aujourd’hui, 400 $ de moins. Les prix devraient encore baisser, mais dans une plus faible proportion, aile marché se développe au rythme des prévisions (15% de la part de marché de JVC aux États-Unis pour 1988).