mars 10, 2015

Le tournage

Par HitSpot

Une fois la mise en place des premiers décors terminée, l’instant du premier coup de manivelle est arrivé. Tout doit tenir en quatre jours. Tout d’abord, séance de photo avec Isabelle (la Princesse/mannequin) qui doit évoluer dans le studio improvisé, dos et épaules nus. Les plafonds du château sont hauts et l’espace est glacial malgré les radiateurs électriques amenés sur place. Ces plans nécessitent toute la première journée. Le soir, rapatriement de l’équipe au complet vers un hôtel situé à trois kilomètres du château. Marc Boulay s’y est d’ailleurs enfermé depuis la veille pour peaufiner ses masques. Le lendemain, reprise de la séance photo, avec cette fois le chanteur, en photographe de mode. Suivent les premiers playbacks dans cette situation. Arrivée d’Ignace, le cheval, pour des séquences en extérieur. Malgré les stocks de carottes destinées à allécher l’animal, la synchronisation de son passage sous un porche du château avec l’ouverture d’une fenêtre par le chanteur, n’est pas une mince affaire ! Les prises seront nombreuses. A la nuit tombante, Philippe Bigot s’affaire à l’extérieur pour placer les éclairages qui illumineront la façade du château ainsi que les deux tours pour le souper de la Belle et de la Bête. Romuald Leblond et Martine Duchemin règlent tous les détails de la décoration, qui inclue faisan dressé sur table, chandelles, vaisselle, flambeaux, fleurs, rideaux en tulle synthétique, etc. Philippe Lafontaine et Anthony passent à la séance de maquillage. Le petit garçon est plus difficile à préparer car sa peau est très sensible. Tony pique une petite crise parce qu’il refuse d’enfiler le collant vert du gnome. C’est pour lui «un truc de fille» ! Seule sa mère parviendra à le convaincre. Rideaux qui s’ouvrent, Elfe quittant le lit à baldaquins tandis que la Princesse y est assoupie, c’est enfin le premier plan de cette deuxième soirée de tournage. Les seuls artistes qui se fassent remarquer sont les tourterelles qui, en dépit du fil de nylon les rattachant à leur branche, refusent de s’envoler au bon moment. Mais le morceau de bravoure nous attend dehors. Il fait un froid sibérien pour un souper aux chandelles. Pris dans le feu de l’action, nous n’avons plus la notion du temps qui passe. Enveloppé dans une couverture quand la caméra ne tourne pas, le petit Tony va supporter stoïquement costume, masque et maquillage jusqu’à quatre heures du matin ! Jusqu’à ce que soit filmé le tableau réunissant Belle, Bête, Elfe et Licorne. Malgré quelques difficultés de mise en place, Ignace supporte sans trop broncher sa corne en polyester. Quand l’équipe exténuée est congédiée, il est six heures du matin. Le vin du souper aux chandelles a gelé dans les verres ! Philippe Lafontaine est resté maquillé en monstre douze heures, sans boire ni manger ! Pour fumer, il avait trouvé l’astuce de glisser une paille sous le masque, raccordant la cigarette au bout. Matinée de repos pour les figurants, tandis qu’après trois heures de sommeil, l’équipe technique est à pied d’œuvre pour la pose des décors. Nouvelles séquences avec Tony qui prend goût à son nouveau statut de star. Ce sont les plans de début et de fin du clip, quand le petit garçon découvre la poupée au sein du coffre à jouets. Puis, devenu photographe, lorsqu’il déclenche flash et appareil photo pour empêcher la Bête d’embrasser la Belle. Seconde séance de maquillage pour Philippe Lafontaine. La Bête porte la Belle dans le château, précédée par l’Elfe tenant un flambeau. Le monstre dépose la Princesse sur le lit.tournage video Enfin le dernier jour de tournage : nous avons un peu de retard sur le planning. Nous décidons d’utiliser les divers angles d’un même espace pour les quatre derniers décors. Ainsi, matériel et éclairage pourront être plus rapidement mis en place. Il s’agit à présent des raccords de playbacks qui s’insèrent dans le rythme du scénario. Ces playbacks sont rendus délicats par la pauvre performance d’un Nagra diabolique qui refuse de lire la bande son à vitesse régulière. A huit heures du soir, je vérifie une dernière fois la conformité du tournage avec le story-board. Tous les plans du scénario sont dans la boîte. Que la fête commence !