Larry Cohen

14 mai, 2015 (08:00) | Articles | By: Vero

Larry Cohen est bien connu des amateurs de films d’horreur. On lui doit des «classiques» comme Le monstre est vivant, Meurtres sous contrôle, Épouvante sur New York, et dernièrement, Les enfants de Salem.

OKP

– Comment êtes-vous venu au cinéma ?

Larry Cohen

Larry Cohen

– J’ai fait des films amateurs, étudié le cinéma à l’école. Puis j’ai écrit pour la télévision, qui avait besoin de beaucoup de scénarios. Vous commencez par là, puis vous traînez sur le plateau, regardez les autres mettre en scène, apprenez à produire un film. C’est la bonne technique pour apprendre à faire un film.

OKP

– Quel a été votre premier film ?

L.C.

– Un film intitulé Bones (devenu Beverly HillsThief pour la sortie vidéo. En fait, c’est un très bon titre, car c’est exactement de cela qu’il s’agit).

OKP

– Vous avez fait ensuite quelques «black movies ?»

L.C.

– Black Caesar, qui a très bien marché. A la fin, le personnage mourait, un peu comme dans Los Olvida-dos de Bunuel. Mais, à la preview, tout le monde m’a insulté. Il fallait changer la fin, seulement le film «sortait» quatre jours plus tard. Aussi, le jour de sa sortie, je suis allé dans les salles, les unes après les autres, pour couper la fin. Heureusement que je l’ai fait, sinon on n’aurait pas pu faire la suite.

OKP

– Le monstre est vivant est devenu un classique du film d’horreur ?

L.C.

– Je l’ai tourné en même temps que la suite de Black Caesar. Pour une question de disponibilité d’acteurs, je tournais la suite de Black Caesar pendant le week-end et Le monstre est vivant du lundi au vendredi. J’avais l’idée de cette histoire depuis mon enfance, bien avant la parution de Rosemary’s Baby. L’idée de départ surtout : un bébé nait et tue les docteurs. Quand je racontais cela, tout le monde se moquait de moi.

OKP

– Le film soulève un problème plus grave : celui des «monstres» et de leur droit à la vie ?

L.C.

– Oui. J’ai toujours pensé qu’un film d’horreur devait être chargé d’émotion et qu’il n’y avait pas de raison pour ne pas faire pleurer le public.

OKP

– La suite. Les monstres sont toujours vivants. a un casting très étrange, de Frédéric Forrest à Eddie Constantine ?

L.C.

– Je voulais les personnages les plus « étranges o pour qu’ils paraissent plus monstrueux que les monstres qu’ils pourchassaient. La chose intéressante dans ce film est que, d’habitude, on poursuit des monstres pour les tuer. Ici, c’est le contraire.

OKP

– Pourquoi avoir tourné un troisième épisode ?

L.C.

– Pour être franc, parce que les deux premiers ont été un énorme succès et que la vente en vidéocassettes a été fabuleuse. Mais ce troisième épisode, Isle of the Dead, est la suite logique des deux précédents. C’est le contraire de ces séries stupides comme Vendredi 13, où on nous ressert la même histoire six fois.

OKP

– Pour moi, votre meilleur film dans le genre est Meurtres sous contrôle, qui a eu des problèmes avec la censure française. Comment est né le projet ?

L.C.

– Ce n’est pas un film blasphématoire. Nous n’avons jamais dit que le personnage était Jésus-Christ, mais que si un «alien» naissait sur notre planète, découvrait qu’il avait des super pouvoirs et découvrait la religion chrétienne, il penserait qu’il est Jésus-Christ. Mais nous avons pris le contrepied de l’imagerie chrétienne. Le «Christ», par exemple, vit dans les caves et non dans la lumière. Quant au style du film, j’ai voulu qu’il ressemble à celui des films noirs des années cinquante, comme La cité sans voiles de Jules Dassin. Laissez-moi vous dire aussi que je n’aime pas du tout le titre français. Mon titre à moi est God Told Me To, c’est-à-dire : «Dieu l’a ordonné».

OKP

– Qu’est-ce qui fait, pour vous, la richesse du film d’horreur ?

L.C.

– Toutes les mythologies, toutes les fables de notre enfance sont peuplées de monstres. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Et la civilisation n’a pas empêché, loin de là, les horreurs, les massacres. Plus le temps passe, plus nous devons apprendre à survivre ; aujourd’hui, c’est contre l’environnement qui se dégrade et nous promet un futur peut-être horrible. La mythologie, c’est toujours l’histoire d’une femme qui donne naissance à un monstre. C’est notre histoire. Et le film d’horreur en parle mieux qu’aucun autre genre.

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