Jack Sholder

24 mai, 2015 (08:04) | Articles | By: Vero

Jack SholderJack Sholder vient, à 32 ans, de remporter le Grand Prix du Festival d’Avoriaz avec Hidden. Auparavant, il avait tourné deux films d’horreur : Alone in the Dark (inédit en salles, mais disponible en cassette) et La revanche de Freddy, second épisode de la saga des Griffes de la nuit.

OKP

– Comment êtes-vous devenu cinéaste ?

Jack Sholder

– Je voulais être joueur de trompette classique, mais je n’étais pas assez bon pour cela. J’ai pensé à devenir écrivain. Finalement, à l’université, j’ai réalisé des courts-métrages, qui m’ont valu des prix. Je suis devenu spécialiste des films-annonces. Et un jour, j’ai eu l’idée d’une bande de « psychos » évadés d’un asile psychiatrique, en liberté dans une ville. Voilà comment est né Alone in the Dark.

OKP

– C’est un film également assez drôle ?

J.S.

– Pour moi, l’horreur est indissociable de l’humour. Oui, c’est un film drôle. Regardez le début : le bar à hamburgers s’appelle «Chez Maman», et, après, les «psychos» vont tuer de façon très freudienne.

OKP

– Le fait de tourner une suite avec la revanche de Freddy vous a-t-il handicapé ?

J.S.

– Oui au plan du scénario, qui était moins riche que celui d’Alone in the Dark. Non au plan de la réalisation. De plus, Les griffes de la nuit de Wes Craven était un film très «sérieux». Mon Freddy était plus «drôle». J’y ai introduit des scènes comme l’œil au fond de la gorge ou la naissance de Freddy dans le ventre du garçon.

OKP

– Le film a été une des productions- indépendantes qui a rapporté le plus d’argent ?

J.S.

– Absolument. Et comme je ne voulais pas tourner Freddy 3, j’ai porté mon attention sur les scénarios que l’on me proposait et qui sortaient de l’horreur. Je voulais notamment faire un film policier. Mais rien n’a abouti.

OKP

– Justement, Hidden est construit comme un polar ?

J.S.

– Oui. Si j’ai choisi ce scénario, qui était formidable, c’est à cause de ça. J’avais envie de m’aventurer dans des décors réalistes, de filmer des poursuites de voitures et des scènes d’action.

OKP

– Vous reniez donc l’horreur ?

J.S.

– Surtout pas. Ce qui m’a passionné dans l’histoire de Hidden c’est quand même, et avant tout, les six personnages qui forment un seul «méchant», et le fait que je pouvais traiter le fantastique de façon réaliste.

OKP

– Sauf dans la scène où vous montrez le monstre ?

J.S.

– La scène est, en effet, plus «classique», encore que la nature du monstre et l’«endroit» d’où il surgit provoquent une certaine surprise. Mais, justement, une fois que vous l’avez montré, vous n’avez pas besoin de le refaire. Avec l’horreur, vous pouvez jouer sur la suggestion. Une chose «horrible» arrive : les spectateurs s’attendent à ce qu’elle se reproduise. Mais si vous la montrez trop souvent, vous tuez l’effet de choc.

OKP

– Et, finalement, êtes-vous content de vos scènes de poursuite et de fusillades ?

J.S.

– Oui, assez. Mais la scène dont je suis le plus fier est celle du repas. Parce que c’était la scène la plus dure à faire : du dialogue et de l’exposition. Ce genre de choses peut vous tuer un film si vous la ratez.

OKP

– Reviendrez-vous au film d’horreur ?

J.S.

– Je ne sais pas. Hidden a été bien reçu en Amérique et j’ai de nombreuses propositions. Tout ce que je peux vous dire, c’est que le film d’horreur a été un excellent apprentissage pour moi, car il m’a appris ce qu’était le «bon cinéma» : l’efficacité, la rapidité, l’ellipse.

Write a comment