Donald Pleasence

24 avril, 2015 (08:53) | Articles | By: Vero

Donald PleasenceDepuis le célèbre Impasse aux violences de John Gilling, tourné en 1957,dans lequel il interprétait un inquiétant «récupérateur de cadavres», Donald Pleasence n’a pas cessé de fréquenter le cinéma d’horreur et a tourné avec les spécialistes du genre : Roman Polanski, Gary Sherman, Kevin Connor, Freddie Francis, Peter Sasdy, Dario Argento, Roy Baker, John Carpenter. Il a même présenté une anthologie du genre, Le spectre de la peur.

OKP

– Vous avez tourné beaucoup de films d’horreur, dont L’impasse aux violences, qui est devenu un «cult-movie». Qu’en pensez-vous aujourd’hui ?

Donald Pleasence

– Je n’ai pas beaucoup de respect pour ce film qui a été tourné en trois semaines. Je crois même ne l’avoir jamais vu. Je l’ai fait à l’époque parce que j’étais libre et que j’avais besoin de travail. Je ne sais pas vraiment comment je suis devenu spécialiste dans les films d’horreur. Mon seul grand rôle sympathique dans les dix premières années de ma carrière a été celui de La grande évasion. Mais, immédiatement après, j’ai tourné dans Doctor Crippen. Le rôle était bon, mais le film, qui n’est ni bon ni mauvais, a été fait de façon très économique: Et je crois que c’est à partir de ce moment que j’ai été catalogué comme acteur inquiétant. J’ai pourtant refusé de jouer L’étrangleur de Rillington Place, parce que je ne voulais pas incarner un meurtrier célèbre. Évidemment, j’avais tort. D’ailleurs, aujourd’hui, la plupart des films relèvent de la science-fiction ou de l’horreur. Alors, vous voyez, si vous voulez travailler…

OKP

– Vous ne vouliez pas être catalogué comme «inquiétant», mais vous avez accepté Cul de sac ?

D.P.

– Oui. Polanski m’a montré Répulsion et j’ai accepté tout de suite. Mais Cul de sac était une énorme farce. Un film très étrange, dont le tournage a été interrompu six mois et qui a été fini à Londres, en studio.

OKP

– Vous avez tourné plusieurs films avec John Carpenter ?

D.P.

– Je me suis toujours bien entendu avec lui. Quand il m’a proposé Halloween, je ne le connaissais pas. Mais quand j’ai dit à ma fille de treize ans que j’allais faire un film avec lui, elle a sauté au plafond. J’ai compris alors qu’il était populaire, au moins auprès des adolescents. Et puis, nous sommes devenus très amis.

OKP

– Que pensez-vous du dernier, Prince of Darkness?

D.P.

– Je ne l’ai vu qu’hier soir, mais je l’aime beaucoup. Je trouve qu’il a une certaine majesté et qu’il fonctionne bien. Mais j’ai du mal à être impartial.

OKP

– Vous avez également tourné avec Dario Argento ?

D.P.

– Je l’aime beaucoup également. Il est très amical. Le film que nous avons fait ensemble n’a pas eu de succès. L’histoire est complètement dingue (rires).

OKP

– A propos de votre fille…

D.P.

– J’en ai cinq.

OKP

– Une de vos filles, donc, Angela : vous l’avez entraînée dans le domaine avec From Beyond the Grave ?

Donald Pleasence2D.P.

– C’est un bon film, et elle est excellente. En ce moment, elle joue au théâtre une pièce sur Héloïse et Abélard.

OKP

– Vous avez tourné un autre «cult-movie» : Le métro de la mort.

D.P.

– Je ne l’ai jamais vu, mais j’ai pris énormément de plaisir à le faire. On me dit que le résultat est excellent.

OKP

– Et Les diamants de l’amazone ?

D.P.

– Incroyable ! Le metteur en scène était un fou. Et tout le monde était ivre. Techniciens et acteurs commençaient à boire de la téquila à 7 h 30 le matin. Des araignées tombaient des arbres sur nos têtes. Et le réalisateur, un type immense, tirait au révolver. Cela dit, j’ai de bons souvenirs sur ce film.

OKP

– Quel est le film, auquel vous avez participé, qui fait le plus peur ?

D.P.

-Outback de Ted Kotcheft Parce que c’est un film sans espoir qui reflète une réalité terrible sur l’Australie. Le tournage a été très dur. Nous étions au bout du monde. Et le film reflète bien cela : autour, il n’y a plus rien. Que le vide.

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