Bar fly

11 juin, 2014 (15:35) | Articles | By: HitSpot

Bar fly  Les fidèles d’« Apostrophes » se souviennent sûrement de Charles Bukowski, dont la provocation éthylique défraya le petit écran un certain vendredi soir… Le scénario de « Barfly », qu’il a écrit à la demande de Barbet Schroeder, est un récit où l’autobiographie tient une grande place. Pour incarner « Buk », qui a environ vingt-cinq ans à l’époque de l’action, plusieurs comédiens avaient été pressentis : Kris Kristofferson, James Woods, et même Sean Penn, mais c’est finalement à Mickey Rourke que revint le redoutable privilège d’entrer dans la peau du génial et ordurier poète alcoolo, ce jeune pilier de bar crasseux et bagarreur, qui savait déjà qu’il avait rendez-vous avec la gloire littéraire. Rebaptisé pour l’occasion Henry Chinaski, notre débutant passe sa vie autour du zinc en compagnie des clochards et des putes de ce bas-quartier de LA. Il amuse la galerie avec ses tirades emphatiques et ses perpétuels pugilats avec le barman de nuit (devinez qui est ce boxeur ? Non, pas Sylvester, mais son frère Frank Stallone), jusqu’au jour où il rencontre une autre épave totale, belle malgré tout, mais aussi sérieusement intoxiquée que lui : Wanda (Faye Dunaway, plus que touchante). Orageuse, passionnelle, désespérée, sera l’histoire d’amour entre ces deux paumés. D’autant plus que c’est à ce moment, précisément, que Chinaski va être contacté par la directrice d’une revue littéraire : pour la première fois, enfin, quelqu’un s’intéresse à son travail ! Sujet plutôt mince, dira-t-on, mais Schroeder a su trouver toujours le ton juste et rendre attachants des personnages qui pourraient être d’insupportables poivrots. Mickey Rourke, aussi bien que Faye Dunaway, eût mérité un prix d’interprétation au Festival de Cannes, où « Barfly » fut (scandaleusement) ignoré du palmarès. Le rôle de Chinaski est sans conteste, à ce jour, le meilleur de sa carrière.

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